Une transition inévitable : anticiper pour ne pas subir
Le secteur de l’automobile vit une transformation majeure avec la disparition programmée des véhicules thermiques. Cette transition, dictée par des impératifs environnementaux et réglementaires, impose aux organisations une réflexion approfondie sur l’avenir de leur flotte.
Quelles motorisations privilégier ? Comment financer de nouvelles acquisitions ? Quels sont les leviers pour maintenir une gestion de parc efficiente ?
Voici un état des lieux et des pistes pour optimiser la gestion de sa flotte dans un contexte de mutation rapide. Loin des discours alarmistes ou simplistes, cet article vous aidera à bien négocier ce virage !
Comprendre les enjeux économiques et opérationnels
Le TCO : un indicateur clé pour piloter sa flotte
Le Total Cost of Ownership (TCO) est l’élément central à analyser pour tout gestionnaire de parc automobile. Il intègre l’ensemble des coûts liés à un véhicule : acquisition, carburant, entretien, fiscalité, assurance, coûts de recharge (dans le cas d’un véhicule électrique) et valeur résiduelle. L’optimisation de ces postes garantit une gestion efficace et durable. Le TCO se calcule donc toujours en fonction d’un nombre de kilomètres estimé et une durée de possession prévue (loi de roulage).
La valeur résiduelle, qu’est-ce que c’est ?
Un élément souvent négligé est la valeur résiduelle du véhicule, soit son prix de revente à la fin du cycle d’utilisation. Plus l’écart entre le prix d’achat et la valeur résiduelle est grand, plus le coût réel du véhicule est élevé. (À noter que la durée et kilométrage sont les facteurs de dévaluation).
Panorama des motorisations et incidence sur la gestion de flotte
Les véhicules thermiques : une fin annoncée en 2035
Les véhicules thermiques (essence et diesel) sont progressivement écartés des stratégies d’entreprise en raison de contraintes législatives et fiscales croissantes. Ces véhicules sont toujours fabriqués et proposés à la vente. Leur disparition est programmée en neuf à très court terme car ils utilisent des énergies fossiles, dont certaines considérées nocives : diesel, E85, gas, essence…
Les hybrides : un compromis attractif ?
L’hybride, qu’il soit non rechargeable (HEV) ou rechargeable (PHEV), combine un moteur thermique et un moteur électrique, réduisant ainsi la consommation de carburant. L’énergie électrique du véhicule est rechargée par le moteur thermique et des systèmes de récupération d’énergie lors des déplacements.
Véhicules non rechargeable ou full hybrid (HEV)
Dans ce cas, une batterie de faible capacité est rechargée par le moteur thermique et lors des déplacements.
Véhicules rechargeables (PHEV)
Ici, la batterie est de plus grande puissance. Une utilisation sur des trajets courts est envisageable. Il est même possible de la recharger pour ne pas recourir au thermique. Toutefois, pour maximiser les bénéfices de cette technologie, une utilisation adaptée est essentielle. Un PHEV non rechargé régulièrement perd toute son efficacité économique et environnementale : la consommation grimpe en flèche et les coûts de déplacements deviennent salés. C’est ce qui se passe dans la réalité : les valeurs résiduelles de ces véhicules étant très faibles, certains clients préfèrent se tourner vers d’autres solutions.
Véhicules mild-hybrides ou micro-hybrides
Avec cette technologie, pas de traction électrique à proprement parler. Le moteur électrique sert de complément au moteur thermique. On note selon les configurations une baisse de la consommation plus ou moins importante.
L’électrique : un changement de paradigme
Les véhicules électriques (VE) s’imposent progressivement grâce à un coût d’usage inférieur et des avantages fiscaux significatifs. En revanche, leur gestion implique des ajustements logistiques, avec l’installation de bornes de recharge et la planification des trajets. Le principe moteur de ce véhicule est une batterie, qui en lieu et place de l’essence stocke des Kwh.
- La charge du réservoir électrique (batterie) ne se gère pas comme celle d’un véhicule thermique.
- La maîtrise des coûts de recharge est très différente car les prix du Kwh à la pompe (bornes) varient selon les cas de recharge (domicile, entreprise, itinérance)
- Selon les circonstances de conduite, l’autonomie du véhicule varie fortement.
- Le coût d’usage d’un VE est encore très faible. De ce point de vue, et cela est contre intuitif, il est adapté aux usages dans lesquels on roule plutôt beaucoup.
- Il existe avec le VE tout un environnement de services digitaux qui permettent de bien gérer les rythmes de recharge en fonction des déplacements prévus. Il s’agit simplement d’apprendre et de s’adapter à cette technologie.
Optimiser la gestion de sa flotte : les bonnes pratiques
1. Sélectionner les véhicules en fonction des usages
Une flotte bien dimensionnée élimine les coûts superflus. C’est pourquoi l’analyse des besoins reste primordiale. Chaque véhicule doit être sélectionné selon son usage réel : pour qui, pour quoi, véhicule de service ou de fonction, durée de détention prévue et kilométrage prévu…
Un VE est proportionné pour un usage urbain à faible kilométrage. Mais, en matière de coûts, il s’avère surdimensionné. Dans le cadre de la réflexion sur l’achat d’un véhicule électrique, il est important de savoir où seront placées les bornes de recharge pour l’essentiel des recharges prévues en vue de bien déterminer le coût du Kwh. Chez le collaborateur, dans un établissement ou à l’extérieur. Si cette dernière solution est celle qui prédomine, le prix de la recharge sera important.
2. Déterminer une “politique de mobilité” au sein de votre organisation
Ce sont les règles, écrites ou non, détaillées ou pas, qui régissent l’acquisition de véhicules au sein d’une structure. Ces règles tournent toujours autour de 4 points :
- La RH : que veut-on pour les collaborateurs
- La gestion : comment suivre les véhicules au quotidien (entretien, assurance, pneumatiques…), prix de revient kilométrique, couverture du risque lié à la décote ?
- La RSE : quelle considération l’organisation accorde-t-elle aux émissions de gaz à effet de serre (GES), de particules, au recyclage…
- Le financement : comment mobiliser la trésorerie nécessaire, achat comptant, Location, LOA ou emprunt.
Notre recommandation : pour éviter tout quiproquo, un responsable de parc automobile gagnera à écrire ces règles ou à les faire valider officiellement, a minima. Dans la même idée, un manager de chef de parc automobile pourra les communiquer de manière formelle.
3. Organiser les infrastructures de recharge
Une autre question cruciale au moment d’évaluer l’achat de véhicules électriques porte sur les infrastructures de recharge :
- Les collaborateurs peuvent recharger chez eux : il convient de mettre en place un système de remboursement des frais.
- L’organisation permet de recharger les véhicules sur place par l’installation de bornes.
- Les collaborateurs rechargent en itinérance via un abonnement et l’usage de cartes.
Dans tous les cas, c’est un apprentissage. Alors on anticipe et on avance progressivement.
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Calculer justement les coûts
Indispensable avant de se lancer dans une quelconque acquisition, ce calcul est tout sauf intuitif. Il comprend l’ensemble des paramètres d’entrée et de sortie du véhicule, ainsi que les éléments d’usage du véhicule dont la consommation.
Pour les gestionnaires de parc des entreprises soumises à la TVA : les taxes annuelles sur les véhicules thermiques devraient augmenter au cours des prochaines années, d’après, le site gouvernemental Entreprendre.service-public. La fiscalité, y compris pour le secteur associatif, devient un élément majeur dans le calcul des coûts. Le Cèdre vous aide à calculer votre TCO.
Information de dernière minute : pour les parcs de plus de 100 véhicules de nouvelles taxes, différentes de celles portées par la loi LOM sont à anticiper. En effet, leur calcul s’avère complexe (sujet traité dans notre prochain article sur le sujet de la mobilité). Ce que l’on peut dire c’est qu’elles sont particulièrement dissuasives.
5. Mobiliser de la trésorerie pour renouveler son parc
En général, une organisation a deux options :
- acquérir un véhicule dans ses actifs (achat comptant, emprunt, LOA)
- faire porter le financement par un tiers, en l’occurrence un loueur longue durée.
En matière de valeur résiduelle, tous les marchés de véhicules sont très incertains. Il y a donc des risques financiers à faire rentrer des véhicules dans ses actifs. La revente risque d’être très basse. Sauf à le conserver très longtemps, mais cela peut s’avérer difficile en raison de la réglementation…
Notre recommandation : reporter le risque de la dévalorisation d’un véhicule, en particulier électrique, chez un loueur, en prenant soin de se couvrir via une assurance perte financière.
L’achat en propre est à considérer pour des véhicules d’occasion, relativement récents dans des cas d’usage qui s’y prêtent. L’achat d’occasion de véhicules électriques est risqué financièrement. Le marché des véhicules d’occasion étant très élevé, Le Cèdre a négocié une offre avantageuse pour ses adhérents.
6. Actionner les leviers secondaires pour maîtriser votre budget mobilité
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Garder un oeil sur le budget énergétique
Le poste carburant ou recharge électrique représente une part importante du TCO. La consommation dépend non seulement du modèle de véhicule, mais aussi du comportement des conducteurs. Des outils de suivi en temps réel et des politiques de conduite éco-responsable permettent de générer des économies significatives.
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Anticiper l’entretien pour prolonger la durée de vie des véhicules
On ne le répétera jamais assez : un entretien préventif rigoureux réduit les coûts de maintenance et prolonge la durée de vie des véhicules. Ce suivi régulier évite les pannes coûteuses tout en améliorant la valeur résiduelle des véhicules. Vous avez tout à y gagner.
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Sensibiliser les conducteurs à une conduite responsable
Une conduite adaptée impacte directement la consommation d’énergie, l’usure des véhicules et la sécurité. Et pour inciter les collaborateurs à être vigilants, rien de tel qu’une charte d’usage des véhicules et une formation à l’éco-conduite.
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Rationaliser le nombre de fournisseurs et partenaires
Réduire le nombre de prestataires pour l’entretien, le carburant, la recharge et l’assurance aide à mieux négocier les tarifs et de simplifier la gestion administrative.
Le Cèdre a négocié une offre avec Geslease (adhérents Entreprise), Autosphère Lease, Olinn. Pour en bénéficier, contactez votre délégué(e) régional(e).
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Obtenir des contrats performants auprès des fournisseurs de LLD
La LLD est un contrat qui engage fortement les deux signataires. Le Cèdre a négocié avec ses fournisseurs référencés des assouplissements qui permettent d’augmenter et de maîtriser la performance économique des contrats de location.
Garder un coup d’avance en anticipant les obligations réglementaires
Les objectifs de la Loi LOM
La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) concerne les entreprises de plus de 50 collaborateurs et de plus de 100 véhicules. Son objectif est de “réduire la dépendance au véhicule individuel et polluant”. Plusieurs objectifs :
- réduire l’espace destiné au véhicule individuel, rendant son usage de plus en plus contraignant, au profit des transports collectifs et autres mobilités “douces”
- rendre la pratique de la mobilité (prix de revient au Km) de plus en plus onéreux, en particulier pour les véhicules thermiques via l’utilisation de biais législatifs et fiscaux.
Réfléchir à des moyens de mobilités alternatifs dits “multimodaux” devient une nécessité, avec cette caractéristique d’un coût au Km presque systématiquement à la hausse.
L’optimisation d’une flotte ne passe pas uniquement par le choix des véhicules. L’intégration de solutions de mobilité alternatives comme le covoiturage, l’autopartage et l’électrification progressive du parc peut diminuer significativement le budget mobilité et l’empreinte carbone.
Zones à Faibles Émissions (ZFE) et classification Crit’Air en 2025
En France, le secteur des transports représente 44 % des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et 25 % des particules fines (PM10 et PM2,5). Pour limiter la pollution, les Zones à Faibles Émissions (ZFE) restreignent la circulation des véhicules polluants.
Les ZFE concernent les villes de plus de 150 000 habitants, définies par la loi Climat et Résilience de 2021.
En 2025, 42 agglomérations sont concernées. Certaines villes interdisent déjà les véhicules Crit’Air 3 : Paris, Lyon, Grenoble et Montpellier.
La circulation est conditionnée par la vignette Crit’Air, classant les véhicules selon leur degré de pollution. Les restrictions s’intensifient progressivement. Voici les catégories principales classées en fonction de la motorisation (électrique, hybride, gaz naturel, essence, diesel) et de la date de première immatriculation.
- Crit’Air 5 : Diesel immatriculés avant 2001.
- Crit’Air 4 : Diesel immatriculés avant 2006.
- Crit’Air 3 : Diesel et essence de plus de 14 et 19 ans respectivement.
- Crit’Air 2 : Diesel et essence plus récents.
- Crit’Air 1 : Essence récentes et hybrides.
- Vignette verte : Véhicules 100 % électriques et hydrogène.
Conclusion : la transition commence dès aujourd’hui !
À ce jour, les véhicules full hybrid (HEV) acquis en LLD ou d’occasion, ainsi que les véhicules électriques financés en LLD, nous semblent pertinents.
A l’avenir, on mise sur une simplification de l’usage des véhicules électriques. Une chose est certaine, la loi LOM vise à réduire de manière drastique les déplacements de tout un chacun. Mais l’abandon des véhicules thermiques ne se fera pas du jour au lendemain.
Pour mener ce changement avec succès, les entreprises doivent analyser leurs besoins, maîtriser leurs coûts et anticiper les évolutions technologiques et réglementaires.
Le Cèdre accompagne les organisations dans cette transition. Contactez un délégué régional pour discuter d’une consultation sur-mesure afin d’évaluer précisément vos besoins et mener à bien votre projet d’optimisation de votre flotte automobile.